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La médecine ostéopathique en soins palliatifs

Dernière mise à jour : 16 févr. 2023

Encadrés par des ostéopathes de l’école HOLISTÉA, les étudiants de 5ème année Formation Initiale Post-bac, interviennent depuis 5 ans dans la prise en charge de patients du service de soins palliatifs de l’Hôpital de Pontoise.


Le projet naît en octobre 2012, mais c’est depuis 2014 que Mickaël Da Cunha, un des 4 ostéopathes encadrants clinique de l’école (aux côtés de Céline Grégoire, Quentin Hervy et Morgane Delbart), investis dans l’accompagnement des étudiants, s’est lancé dans l’aventure. Engagement qui s’est concrétisé comme une coïncidence, lorsqu’il s’est senti prêt personnellement, la direction s’est tournée vers lui au même moment pour lui proposer d’intégrer l’équipe.

Les soins palliatifs sont des soins actifs délivrés dans une approche globale de la personne atteinte d’une maladie grave, évolutive ou terminale. L’objectif des soins palliatifs est de soulager les douleurs physiques et autres symptômes, en tenant compte de la souffrance psychique et sociale. L’ostéopathie quant à elle, est tournée vers l’humain de sa naissance jusqu’à la fin de sa vie. C’est donc tout naturellement que les ostéopathes d’HOLISTÉA ont trouvé leur place dans l’équipe pluridisciplinaire intervenant dans l’unité de soins palliatifs de l’Hôpital de Pontoise. Et c’est dans cette volonté de prise en charge de la douleur multiple, des angoisses et du stress, que, 2 fois par semaine tout au long de l’année, un binôme d’étudiants ostéopathes accompagnés d’un encadrant, interviennent auprès des patients de cette unité médicale.

Les étudiants ne voient pas tous les patients. A chacune de leur visite, ils commencent par faire le point avec l’équipe soignante, sur l’état de santé des patients, sur les demandes de certains, puis, si le service a accueilli de nouvelles personnes, et que leur état le permet, ils les rencontrent, et après l’obtention de leur consentement, leur proposent une prise en charge.

Les réactions physiques et mentales pour chaque patient sont très diverses. Si quelques-uns sont parfois sceptiques, ils se laissent finalement tenter. Un traitement peut avoir auprès de certains patients, peu d’effet, ou un effet de courte durée, mais pour d’autres les traitements ostéopathiques sont efficaces, et permettent par exemple à des patients de dormir, ce que la douleur empêche souvent… Comme pour ce patient qui avait même surnommé un des binômes d’étudiante « ses petites fées » car elles seules arrivaient à le détendre, le libérer de ses angoisses et lui permettre de s’endormir. Sur certains patients parfois, les effets sont même spectaculaires, et ces derniers, très touchants, attendent patiemment la venue des ostéopathes et confient même à Mickaël s’empêcher de s’endormir avant leur arrivée pour ne pas les rater !

Bien que la médecine ostéopathique ne guérisse pas leur maladie, ce que ne leur cache pas Mickaël lors de sa première rencontre avec chaque patient, elle agit sur leur douleur, leur stress, leur respiration et leur posture. Cela leur apporte du confort et du bien-être au quotidien. Et même si l’apport positif ne change pas l’évolution finale, c’est déjà un réel accomplissement pour eux.

Un service de soins palliatifs est souvent, et pour beaucoup associé, à la fin de vie. Certes, il en est surtout question, mais il n’y a pas que ça. Il s’agit bien sûr de pathologies lourdes, mais certains font des séjours en hôpital de jour pour la gestion de leur douleur, pour l’évaluation de leurs symptômes. D’autres, viennent dans le cadre d’une hospitalisation dite de « répit », le temps de quelques jours, notamment pour soulager leurs accompagnants. Mais c’est aussi et surtout un lieu plein de vie, où l’équipe soignante est chaleureuse, dévouée et rayonnante, pour ne pas faire de ce service l’endroit froid et angoissant auquel on associe la maladie et la fin de vie.

Mickaël Da Cunha relate que cette expérience lui a permis de relativiser sa vision de l’hôpital et notamment celle du service de soins palliatifs. Il a un regard plus bienveillant sur l’aspect humain de l’institution hospitalière et est ainsi plus tolérant vis-à-vis d’elle, à présent qu’il la connaît mieux. Concernant sa pratique de la médecine ostéopathique, il a davantage développé son écoute du patient avec une prise en charge élargie, bien au-delà du corps et avec une approche plus progressive.

Son expérience est notamment enrichie grâce à son encadrement des étudiants, auxquels il tient à ne rien cacher de ce qu’ils vont découvrir. Et bien qu’il soit surpris de leur maturité pour leur âge, il les préserve cependant, lorsqu’il y a de nouveaux patients potentiellement plus affectés. Il  prépare alors les étudiants afin qu’ils puissent accueillir sereinement ces patients.

Étudiants et patients, traversent ensemble des moments parfois difficiles. Même si en 6 séances par binômes, on pourrait croire qu’ils n’aient pas vraiment le temps de s’attacher, la réalité du service les rattrape parfois. Mickaël rappelle aux étudiants de toujours garder à l’esprit ce qu’ils permettent, des moments de vie supplémentaires à partager.

PAROLES D’ÉTUDIANTS :

« Expérience enrichissante dans notre rapport avec nos enseignants, et dans la découverte d’un travail à 4 mains »

« L’unité de soins palliatifs est un service difficile mais l’ambiance est différente de ce que l’on peut s’imaginer au départ. Les patients bénéficient d’une bonne prise en charge. »

« Malgré la situation compliquée et parfois triste des patients que l’on rencontre, on en ressort avec de belles expériences et des patients souriants. »

« Très enrichissant dans notre apprentissage de l’ostéopathie, on découvre de nouvelles sensations. »

« Très humain, on perçoit une autre vision de l’ostéopathie qui est une ostéopathie de confort. »

« Un plus dans la formation, plus de bienveillance et une prise en charge plus courte mais avec des résultats plus rapides. »

« Belle démonstration d’humilité devant la réalisation d’un projet thérapeutique. »

« Expérience enrichissante avec une prise en charge qui nécessite une adaptation concernant l’accompagnement et l’objectif du traitement. Permet une ouverture d’esprit. »

« Pratiquer en soins palliatifs, c’est être à l’hôpital sans y être, dans un service où le personnel est vraiment présent pour les patients et leur entourage.

C’est l’opportunité d’intégrer l’ostéopathie dans une prise en charge pluridisciplinaire pour le bien-être du patient. »

« J’ai trouvé cette expérience vraiment géniale. La place donnée à l’ostéopathie pour des gens qui ne la connaissent pas toujours et qui n’est pas un réflexe premier dans leur cas, en fin de vie.  C’est extrêmement enrichissant, et ça fait du bien de voir le confort qu’on peut leur apporter. C’est presque dommage qu’il n’y ait que 6 séances. Mais c’est une grande joie de revoir des patients rencontrés à l’hôpital qui viennent nous revoir en s’inscrivant à la clinique de l’école. Cette expérience a confirmé mes aspirations premières d’ostéopathe pour l’avenir. »


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